Génétique synthétique

George M. Church est un célèbre biologiste. Enseignant, chercheur, entrepreneur, il est le fer de lance d’une discipline toute neuve, la génétique synthétique – “concept qui vise le développement de composants et systèmes biologiques utilisables pour (re)construire des organismes vivants ayant une tâche bien spécifique”.

Voici quelques unes des applications actuelles et futures de la biologie synthétique :

Production de carburants…
Faire produire par des bactéries reconfigurées, placées dans des cuves de fermentation, des carburants (éthanol, hydrogène, hydrocarbures tels qu’essence, diesel et kérosène, utilisables dans les moteurs à explosion) : plusieurs sociétés sont déjà actives dans ce domaine comme, aux Etats-Unis, LS9, cofondée par George Church, ou Synthetic Genomics, créée par Craig Venter, et avec qui British Petroleum (BP) a déjà signé un accord de collaboration.

de médicaments…
Trafiquer la machinerie biologique interne de levures pour qu’elles produisent de l’artemisinine, un antipaludéen naturel difficile à générer artificiellement: c’est l’idée de Jay Keasling. Pour l’industrialiser, le chercheur de l’Université de Berkeley a cofondé Amyris. Cette entreprise est soutenue par la Fondation Bill et Melinda Gates, et vient de signer un partenariat avec Sanofi-Aventis. De son côté, le projet européen Eurobiosyn, coordonné à l’EPFZ, veut produire des saccharides (sorte de sucres) de grande valeur ayant un effet pharmaceutique et que l’on ne peut synthétiser rentablement par la chimie traditionnelle.

ou de protéines…
Chris Voigt, de l’Université du Texas, a reconfiguré le système de sécrétion de la bactérie Salmonella typhimurium pour qu’elle sécrète les protéines constitutives des fils d’araignées, un biomatériau à la fois très solide et élastique. Un exemple parmi d’autres.

Films photosensibles
En 2004, des étudiants de la même université ont incorporé des éléments photosensibles et producteurs de pigments dans la bactérie Escherichia coli. Une couche de ces microbes devenait un «film biologique», qui reproduisait les images imprimées à l’aide de la lumière, chaque bactérie se transformant en un pixel biologique. Sur un des clichés, on pouvait lire : «Hello World».

Virus «thérapeutiques»
Une équipe du MIT, à Boston, a construit des virus bactériophages destinés à détruire les biofilms qui hébergent des bactéries nocives. Ces biofilms peuvent se constituer un peu partout, dans les corps humain (sur les dents par exemple) ou sur des instruments médicaux. Lorsqu’ils se logent dans des endroits peu accessibles, comme dans les anfractuosités des outils de dentistes, ils deviennent une source persistante d’infection. Avec leur virus synthétique, les chercheurs ont pu «faire le ménage».

Création de biosenseurs
A l’Université de Princeton, Ron Weiss a modifié la bactérie E.coli en y incluant un marqueur fluorescent. Celui-ci s’allume lorsque la concentration de certaines molécules environnantes, qui diffusent en permanence dans l’unicellulaire, dépasse un certain seuil. L’ensemble joue donc le rôle d’un biodétecteur chimique.

Bactéries tueuses de cancer
Une équipe de Berkeley travaille à «reprogrammer» le code génétique de la bactérie E. coli pour que, une fois injectée chez un patient atteint de cancer, elle puisse échapper à son système immunitaire et s’introduire dans les cellules tumorales, où elle finit par relâcher une toxine léthale pour ces dernières.

Source

0 Replies to “Génétique synthétique”

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *