Attitude pendant l’orage

Soudainement pris par l’averse, l’animal se met à courir. Souvent, vers l’abri le plus proche. Rares, pourtant, sont ceux qui s’en sortent secs. Du temps des samouraïs, on baptisait d'”attitude pendant l’orage” le comportement réflexe à acquérir face à une telle situation (situation quasi inévitable dans la plupart des climats tempérés). Selon leur martiale sagesse – lire l’Hagakuré, il suffisait de se préparer mentalement à l’idée d’être trempé pour ne plus être contrarié à l’approche de l’orage. Soulignant malicieusement que l’on pouvait appliquer, avec profit, ce principe dans bien des situations. Mort comprise.

Synopsis cognitif

Bel après-midi de printemps. Retour de promenade. S., joyeux, profite du soleil. Souffle une légère brise. Entre deux contemplations, notre homme remarque, devant l’édifice, une bannière qui fasèye au vent.
Deux apprentis métaphysiciens, plantés devant, s’animent.
« – Je te dis que c’est la bannière qui bouge !
– Non, c’est le vent qui fait bouger ta bannière!
– D’après moi, ce qui importe, c’est avant tout ce que nous voyons. Ici, devant nous. Et, ce que je vois, c’est une bannière. Qui bouge !
– Absolument pas, tu te trompes. L’agitation de la bannière n’est que la conséquence du vent. C’est lui la cause première, la réalité au-delà de l’apparence.
– Mais l’existence du vent est une hypothèse !
– La bannière ne bouge pas sans motif, sa réalité est constitutive du vent !
– Pure spéculation !
– Évidence !
– Non, pas du tout !
– Mais si ! »
Les deux hommes s’échauffent. Passionnément. La très policée discussion tourne à la dispute. Peu s’en faut qu’ils n’en viennent aux mains. C’est alors qu’ils aperçoivent notre promeneur – qui les observe, impassible.
« – Dis nous, l’ami, qui, selon toi, de la bannière ou du vent bouge ?
– Ce n’est ni la bannière, ni le vent qui bougent, c’est votre esprit qui s’agite. »